Aurélie FOUQUET

20 mai 2010 - VILLIERS-SUR-MARNE (94)

Fouquet  Aurelie fouquet

Age : 26 ans

Service et grade : Police municipale de Villiers-sur-Marne, gardien


Parcours professionnel : D'abord médiatrice pour la commune du Plessis-Trévise (94), Aurélie Fouquet devient policière municipale en 2003, réussissant son concours du premier coup. C'est à quelques kilomètres de là, à Nogent-sur-Marne, qu'elle a débuté sa carrière comme policier stagiaire. Elle avait reçu la médaille de la ville. Elle était considérée comme une fonctionnaire exemplaire par son employeur.


Circonstances : Ce 20 mai 9h10, alors qu'ils sortent d'une séance de tir, des agents de la police nationale remarquent un utilitaire de marque Renault dont l'une des portières semble avoir été forcée et dont la plaque d'immatriculation présente un défaut. Pensant avoir à faire à un véhicule volé, les policiers tentent de procéder au contrôle.

A l'intérieur du Renault Trafic, 5 malfrats se sont préparés à commettre un braquage et sont très lourdement armés. Le fourgon qui se trouvait arrêté à un feu rouge, repart brusquement en empruntant la départementale D1 qui traverse la ville de Créteil. Une poursuite s'engage sur les autoroutes A.86, puis A.4. Les truands n'hésitent pas à jeter des extincteurs sur le véhicule poursuivant. Toutes les unités de police nationale sont alertées par radio.

A hauteur du tunnel de Champigny-sur-Marne, un équipage de CRS crée un ralentissement pour stopper le fourgon. Les truands font savoir leur détermination en sortant équipés de fusils mitrailleurs. Ils tirent en rafale vers le véhicule de police. Un policier et trois usagers de la route sont blessés. La poursuite prend fin.

Vers 9h45, le fourgon prend la sortie n°8 de l'autoroute de l'Est. Mais au premier rond-point, sur le boulevard de Friedberg, commune de Villiers-sur-Marne, le conducteur perd le contrôle du véhicule et s'encastre dans une Hyundai. Ils sont immobilisés mais réagissent très vite en mettant le feu à leur camionnette. Des témoins de la scène signalent alors à la police municipale qu'un accident vient d'avoir lieu. Mais comme dans de nombreuses villes, elle n'utilise pas les mêmes fréquences radio que la police nationale. Ce manque de coordination de l'information sera la cause principale de l'affreux drame qui va suivre.

Aurélie Fouquet et Thierry Moreau, agents de police pour la commune de Villiers-sur-Marne, sont dirigés vers l'accident qui n'a rien de banal. Voyant que des véhicules sont effectivement en feu, ils stationnent leur voiture de service à une trentaine de mètres pour baliser les lieux et éviter le sur-accident.
Les policiers  ont à peine le temps de sortir de leur véhicule qu'ils reçoivent plusieurs tirs en rafale. A hauteur d’homme. Pour tuer.

Le véhicule d'intervention est criblé par plusieurs dizaines d'impacts de balles. Par bonheur, cette unité de police municipale est dotée d'armes à feu, ce qui va probablement sauver la vie du co-équipier d'Aurélie. Dans un premier temps, elle tentera de répliquer aux tirs mais elle est atteinte à la tête et au thorax. Thierry Moreau, malgré une balle dans l’épaule, riposte à cinq reprisesBouleversant et doit même récupérer l'arme de son équipière. Un truand est blessé et le commando s’enfuit en abandonnant une partie de son matériel de guerre : des cadres-explosifs, des grenades…
Leur trace se perd à Noisy-le-Grand (93), de l’autre côté de l’A.4 avec l’abandon d’une seconde voiture volée, une Mercedes maculée de sang.

Les différentes fusillades de cette cavale de malfaiteurs feront 6 blessés.
 

492667 police municipale fusillade


Contexte : La France entière est informée par les médias. L'opinion publique découvre alors que les policiers municipaux peuvent aussi être la cible de la grande délinquance d'autant qu'Aurélie est la première femme issue de la police municipale à mourir ainsi. Âgée de seulement 26 ans, elle est maman d'un petit Alexis et vit à Gretz-Armainvilliers (77). Elle travaillait depuis 2005 à Villiers-sur-Marne et était la plus jeune recrue de ce service qui compte 11 policiers.

Son sort attriste l'opinion publique et révolte ses collègues. L'émoi est grand chez les policiers municipaux mais aussi au sein de toutes les forces de l'ordre du pays. Une manifestation nationale mobilise un nombre conséquent de policiers municipaux bouleversés qui revendiquent plus de moyens pour se protéger. Le leitmotiv sur l'armement généralisé et une meilleure coordination avec leurs homologues nationaux reviendront en boucle dans les revendications.


Hommage : Le 26 Mai 2010, les obsèques solennelles d'Aurélie Fouquet sont organisées en présence de plusieurs milliers de policiers municipaux et nationaux, ainsi que du Président de la République, Nicolas Sarkozy.

Aurélie est nommée brigadier à titre posthume.

En avril 2015, la commune de Gauchy (02) a inauguré son nouveau poste de police en présence de la famille. Il porte le nom d'Aurélie FOUQUET.

Gauchy fouquet


Enquête judiciaire : Deux jours avant les faits, trois fourgons utilitaires, dont celui qui vient d'être brûlé, avaient été repérés dans le Bois de Vincennes par la Brigade de Répression du Banditisme. Les policiers ont procédé au balisage GPS de l'un d'eux.

Le soir du drame, au terme d'une surveillance, à 22h55, un homme ouvre la porte arrière du Renault Master balisé. Il se saisit de deux sacs et repart. Interpellation. Il s'agit de Malek Khider, 41 ans. Ce dernier a été alerté dans la matinée par un complice, présent lors de la fusillade, que le "casse" était compromis. Il s'est dès lors fabriqué des alibis toute la journée.

 
Dans les sacs : une kalachnikov, un pistolet-mitrailleur, une grenade, une combinaison, un brassard Police. Dans le fourgon : une herse artisanale (des clous tripodes soudés à une chaîne), des bouteilles d’essence, du papier toilettes… La première pour ralentir, voire immobiliser un fourgon blindé. Le reste pour incendier la camionnette une fois le coup réalisé. Malek Khider, une réputation de voyou bien établie, malgré une condamnation à 12 ans de prison aux assises pour une affaire de séquestration et de vol aggravé qui avait mal tourné en 1998, il est de nouveau en liberté. Il reconnait "l’association de malfaiteurs", réfute avoir été présent lors de la fusillade mortelle, puis, comme la loi le lui permet, il garde le silence.

 
L'ADN du sang présent dans les véhicules des malfrats est analysé. Il appartient à un certain Olivier Tracoulat, un criminel de 35 ans déjà condamné en 1996 pour des vols à main armée violents ; il ressort libre en 2007. Les traces ADN présentes sur les fusils mitrailleurs retrouvés désignent Rabia Hideur, 42 ans, le cousin de Malek Khider ; et Daouda Baba, 27 ans, déjà confondus dans des affaires de car-jacking. Ils sont interpellés tour à tour le 11 Janvier 2011avec Georges et William Moscheh et Jean-Claude Bisel. Tous sont suspectés d'avoir participé de près ou de loin à la fusillade. Ils sont mis en examen.

Le "cerveau" de l'opération serait un certain Rédouane Faïd, 39 ans, un braqueur originaire de Creil (Oise) au lourd passé judiciaire, connu pour de violentes attaques à main armée en bande organisée. Il était condamné en 1997 à 20 ans de prison... Le commando aurait visé l'attaque d'un fourgon blindé. Ce sinistre individu était un temps présenté par les médias comme un repenti du crime, ayant eu l'audace d'écrire un livre à ce sujet. Ce dernier était interpellé par la DCPJ à Villeneuve d'Asq (59) en juin 2011 au terme d'une longue cavale.

 
13 Avril 2013 - Redoine Faïd s'évade de la maison d'arrêt de Lille-Sequedin (Nord) où il était détenu depuis le début de l'année. Il n'existe aucune prison de haute sécurité en France. L'enquête est confiée à la police judiciaire de Lille et l'office central de lutte contre le crime organisé.

29 Mai 2013 - Redoine Faïd est interpellé dans un hôtel de Pontault-Combault (77). Fin de cavale.

3 Juillet 2014 - Renvoi aux assises des 9 personnes inculpées dans le cadre du meurtre d'Aurélie Fouquet. Redoine Faïd ne sera pas jugé pour meurtre mais pour «tentative de vol en bande organisée en état de récidive», les investigations n'ayant pas établi son implication directe dans la course poursuite et la fusillade mortelle.
 
1er mars 2016 - Début d'un procès de 7 semaines. Un seul des accusé avoue son implication dans le commando tandis que les autres se débattent dans des explications rocambolesques ou dans une pesante loi du silence.
Après 13 h de délibéré, les 8 hommes impliqués sont condamnés à des peines allant de l'acquittement à 30 ans de prison.
- Olivier Tracoulat (30 ans - par contumace)
- Daouda Baba (20 ans)
- Faïd Redoine (18 ans)
- Malek Khider (15 ans)
- Olivier Garnier (5 ans)
- William Mosheh (5 ans)
- Jean-Claude Bisel (1 an)
- Georges Mosheh (acquitté)
 
11 juillet 2016 - Un nouveau procès de 2 jours a reconnu coupable (suite à un témoignage) le meurtrier d'Aurélie. Il s'agit de Fisal Faïd, 46 ans, frère de Rédoine lui aussi condamné. 
Fisal Faïd a comparu en Algérie où il s'était réfugié au lendemain de son crime. Il était incarcéré depuis mars 2016 pour un trafic de stupéfiants et condamné à 10 ans de réclusion.
Le tribunal de M'sila l'a condamné a 20 ans de d'empriosnnement pour le meurtre commis en France (la réquisition du Parquet était la perpétuité).
 
14 avril 2018 - Le procès en appel aggrave la peine de réclusion de Rédoine Faïd à 25 ans.
 
01 juillet 2018 - Redoïne Faïd s'évade par hélicoptère du centre de détention pour la seconde fois. 
 
03 octobre 2018 - Il est arrêté dans un hôtel de Creil par la BRI.

 

Journal télévisé du 20 mai 2010 

(source TF1 vidéos)
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