SYNTHESE ANALYTIQUE

L'analyse des circonstances du décès de policiers municipaux victimes du devoir laisse apparaître une bien triste réalité et casse souvent des préjugés bien ancrés de nos concitoyens, de nos élus et même parfois des policiers eux-mêmes !

Voici une synthèse analytique des 12 collègues décédés :


Copie 2 de police municipale LE CONTEXTE

Contexte horaire

Contrairement aux idées reçues et autres clichés sur les risques liés à la délinquance nocturne, une seule victime du devoir l'a été sur des heures de nuit (vers 23h). Tous les autres décès ont lieu de jour, sur des horaires dits "de bureau", c'est à dire entre 8 h et 19 h...
Voilà un élément qui plante le décor et donne le ton de "l'estimation des risques" ! 

Contexte géographique

Encore un cliché révélateur de la méconnaissance du contexte des décès. Combien de fois les policiers de province ont-ils entendu : "On n'est pas dans le 9.3 ici ! C'est pas Chicago ! Notre bonne ville est calme !"
Sur les 11 victimes du devoir en PM, 4 ont eu lieu en Ile-de-France. Le reste se situe donc naturellement... en province, que ce soit dans l'Ouest (Redon), le nord (Saint-Quentin), la vallée du Rhône ou le Sud, y compris dans des villes moyennes. Donc potentiellement partout !

Contexte ambiant : 

Le lieu du décès se situe essentiellement sur la voie publique (lieu d'exercice principal des PM) mais aussi parfois au poste de police ou à domicile (pour les assassinats).

Contexte humain

La plupart des attaques ont eu lieu alors que les policiers patrouillaient à deux. Heureusement ! Ce binôme a souvent permis au co-équipier de riposter (comme ce fut le cas des collègues d'Aurélie Fouquet, de Serge Attard et d'Alain Périnetti) ou d'être secouru rapidement (Tours 2017).
Dans tous les cas, les agents ne sont jamais accompagnés par les forces de l'Etat (police nationale ou gendarmerie) au moment de leur agression puisque la situation à laquelle ils font face est imprévue. Ils doivent donc gérer l'instant crucial avec les moyens en leur possession.... 

Contexte matériel :

La dotation en armes à feu étant à l'appréciation du maire et du préfet réunis, les agents de PM sont plus ou moins bien protégés. Ainsi, les conditions d'exercice communal et les moyens fournis au départ, déterminent  d'avance la vulnérabilité des agents !
L'arme de poing, lorsque les agents en sont équipés, a souvent permis à chaque fois de sauver la vie du co-équipier mais aussi du public à proximité.
Dans un seul cas, l'agresseur a été tué par le collègue présent en état de légitime défense. Dans les autres situations, le meurtrier est parfois blessé et parvient à s'enfuir. Pire, il est rarement inquiété puisque les agents face à lui ne peuvent risposter... Il s'agit alors de situations de détresse ubuesques où Force n'est manifestement pas à la Loi et où l'agresseur règne en maître...

Contexte psychologique :

La plupart du temps (lorsque le policier ne meurt pas d'un accident de la route mais d'une attaque), le policier-victime est leurré par les évènements se présentant devant lui : soit il ignore la dangerosité de la situation car il n'est pas averti du vrai danger encouru et/ou il ignore le passé de son agresseur, soit il intervient sur une situation "banale" d'accident, de contrôle ou de différend.
L'effet de surprise, la rapiditié de l'attaque et le peu d'entraînement de l'agent aux situations extrêmes (qui ne sont théoriquement pas de sa compétence) ne lui permettent pas de risposter, ni de se mettre à l'abri.


Copie 2 de police municipale LES CIRCONSTANCES

Circonstances de l'attaque :

Le type d'arme utilisé par les agresseurs et leur détermination à tuer laissent peu de chance aux policiers en ligne de mire. Non seulement, ils sont pris au dépourvu par l'effet de surprise, mais de plus, les armes utilisées sont souvent de gros calibre et se révèlent particulièrement destructrices. On note une évolution nette des armes lourdes utilisées par les braqueurs et les terroristes (attentats de janvier 2015).

Lorsqu'il s'agit d'arme blanche, elle est utilisée pour tuer avec un tel acharnement que la victime ne peut s'en sortir.

Parfois, la cause du décès est un véhicule. L'accident routier est un risque réel qui, chaque année, provoque de nombreux blessés.

Circonstances du passage à l'acte du meurtrier : 

Le passage à l'acte est fulgurant et souvent sans préavis. L'agresseur cherche à se soustraire à une interpellation et ne lésine pas sur le nombre de coups de feu ou de coups de lames. Parfois, il tue froidement par idéologie, comme pour le meurtre de Clarissa Jean-Philippe.


Copie 2 de police municipale LES VICTIMES

La plus jeune : 26 ans 

La plus âgée : 59 ans

L'âge moyen : 38 ans

Le grade et la fonction : du gardien (la majorité des cas du fait d'un nombre et d'une présence plus soutenue sur le terrain) au chef de service.

Le sexe : les deux policières tuées depuis 2010 démontrent la féminisation de la profession où les femmes représentent un quart des effectifs. Tout comme les hommes, elles ne sont pas épargnées par les violences extrêmes.


Copie 2 de police municipale LES MEURTRIERS 

Le sexe : tous des hommes !

Le passé judiciaire et psychiatrique : La plupart d'entre eux ont un passé comportemental plus ou moins lourd...


Copie 2 de police municipale EN CONCLUSION 

 

CE QUI EST REVOLTANT :

- L'absence d'un armement à feu de dotation systématique qui aurait peut-être permis à certains collègues de riposter et/ou de se protéger davantage.

- La fréquence annuelle inquiétante des victimes depuis 2007 (liée à la présence de policiers de terrain en nette augmentation sur toute la France et à de nouvelles compétences)

 

CE QUI EST NAVRANT :

- Le difficile combat sociétal pour la reconnaissance de ces victimes, qui après fait l'objet d'une "brève", de la "une" des médias, ou d'un glorieux hommage national, ne trouve ensuite plus aucun appui médiatique.

 

CE QUI EST  CONSTERNANT :

- Des meurtriers ayant souvent un lourd passé judiciaire ou psychiatrique, connus des services de justice et qui continuent de nuire.

- Une prise en compte marginale et minimisée de la dangerosité du métier par les instances politiques, malgré un bilan humain accablant.


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